Rémunération des producteurs : la FNB et la FNPL attendent des actes

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Rémunération des producteurs : la FNB et la FNPL attendent des actes

À l’occasion de l’examen du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, un débat important s’est ouvert autour des mécanismes destinés à garantir une meilleure rémunération des éleveurs. La suppression de l’article 21, qui prévoyait l’expérimentation du « tunnel de prix », a suscité la réaction de la Fédération nationale bovine (FNB) et de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL).

Le gouvernement justifie cette suppression par l’introduction, à l’article 19 du texte, d’un principe selon lequel le prix d’achat des produits agricoles ne peut être inférieur aux coûts de production. Selon l’exécutif, cette disposition rendrait le dispositif du tunnel de prix redondant.

Pour les organisations professionnelles, la question centrale n’est toutefois pas celle de l’outil retenu, mais bien celle du résultat obtenu. Elles estiment que tout mécanisme doit permettre aux éleveurs de couvrir l’ensemble de leurs charges, y compris la rémunération du temps de travail consacré à leur activité.

La FNB et la FNPL regrettent cependant un manque de soutien clair aux producteurs dans les débats récents. Elles dénoncent la tendance à présenter leurs propositions comme des formes d’« économie administrée », alors que leur objectif est, selon elles, de garantir un revenu décent aux agriculteurs. Les deux organisations s’inquiètent également de voir certaines positions défendues par les industriels davantage prises en compte que les revendications des producteurs.

Patrick Bénézit, président de la FNB, prend acte de la position gouvernementale et affirme que son organisation sera particulièrement vigilante quant à la mise en œuvre de l’interdiction d’acheter en dessous des coûts de production. Il juge que cette disposition devra démontrer sa capacité à assurer une rémunération couvrant réellement les coûts supportés par les éleveurs.

Même tonalité du côté de la FNPL. Son président, Yohann Barbe, rappelle que le respect effectif des coûts de production doit rester le fil conducteur de l’action publique. Il appelle à des mesures concrètes et durables permettant aux éleveurs de vivre de leur travail, dans la continuité des objectifs fixés par les lois EGAlim.

À travers cette prise de position commune, la FNB et la FNPL adressent un message clair au gouvernement : peu importe le dispositif choisi, les producteurs jugeront les politiques publiques à l’aune de leur efficacité réelle pour garantir un revenu digne aux éleveurs français.