Les agriculteurs de Saône-et-Loire à Bruxelles pour défendre leur avenir

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Les agriculteurs de Saône-et-Loire à Bruxelles pour défendre leur avenir

Une mobilisation européenne d’ampleur historique

Jeudi 18 décembre 2025, une quarantaine d’agriculteurs de Saône-et-Loire ont participé à une mobilisation européenne d’ampleur à Bruxelles, en marge du Conseil européen. Cette mobilisation a rassemblé près de 10 000 agriculteurs venus de toute l’Europe, parmi lesquels 4 000 Français, accompagnés d’environ 1 000 tracteurs, illustrant la détermination du monde agricole à se faire entendre.

Un cortège uni face aux mêmes enjeux

En fin de matinée, le cortège s’est mis en mouvement, rassemblant des milliers d’agriculteurs européens scandant des slogans dans toutes les langues. Drapeaux et banderoles ont rythmé un parcours ponctué de discussions et d’échanges entre collègues venus de toute l’Europe, tous confrontés aux mêmes enjeux : concurrence internationale déloyale, risque lié à l’accord MERCOSUR, augmentation des charges avec la taxe carbone sur les engrais annoncée, et budget de la PAC raboté de 20 % à l’horizon 2028.

Des messages syndicaux clairs et fermes

À l’issue du cortège, plusieurs prises de parole de responsables syndicaux européens, membres du COPA, se sont succédé. Tous ont dénoncé l’absence de vision stratégique claire pour l’agriculture européenne et rappelé l’urgence de décisions politiques fortes.
Pour la France, Jeunes Agriculteurs et la FNSEA ont porté un message clair : NON à l’accord MERCOSUR, NON à la baisse du budget de la PAC, NON au dispositif MACF sur les engrais.

Une interpellation directe de la Commission européenne

Lors des discours, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a été largement interpellée par les manifestants pour son entêtement sur l’accord MERCOSUR, jugé destructeur pour l’agriculture européenne. Les slogans et interventions ont rappelé à quel point les agriculteurs refusent que les choix commerciaux mettent en danger leurs exploitations et la souveraineté alimentaire européenne.
Arnaud Rousseau a également rappelé la lutte engagée en France contre la dermatose nodulaire pour protéger les cheptels, devant les nombreux journalistes présents.

La place du Luxembourg, un symbole fort

En début d’après-midi, pour des raisons de sécurité, les autorités ont envisagé de clôturer la manifestation afin d’empêcher l’accès à la place du Luxembourg, à proximité immédiate du Parlement européen. Mais, encouragés par le secrétaire général des Jeunes Agriculteurs, Quentin Le Guillou, qui a lancé au micro : « On va la prendre, la place ! », de nombreux agriculteurs et tracteurs se sont dirigés vers la place, créant un moment symbolique fort, largement relayé par les médias !

Un engagement fort malgré les contraintes du métier

Pour les agriculteurs de Saône-et-Loire, cette journée a été intense. La fatigue du trajet n’a toutefois pas entamé leur détermination. « On est là pour défendre nos exploitations et notre métier, pour que nos enfants puissent continuer à vivre de l’agriculture », confiait l’un d’eux, le visage marqué par le vent mais résolument déterminé.
Les tracteurs, bardés de banderoles et de drapeaux français, ont contribué à rendre visible le message de toute une profession : l’agriculture européenne ne doit pas être sacrifiée au profit de choix commerciaux et financiers.

Quitter sa ferme en plein hiver, laisser animaux et exploitations pour une journée et deux nuits, n’est jamais anodin, en particulier pour les éleveurs. En faisant le choix d’être présents à Bruxelles, les agriculteurs FDSEA et JA de Saône-et-Loire ont démontré leur engagement total pour défendre leur métier, leurs exploitations et l’avenir de l’agriculture européenne.