Conseil de l’Agriculture : mobilisation générale face à la crise sanitaire
Le Conseil de l’Agriculture s’est réuni lundi dernier sous l’impulsion du président de la FDSEA 71, Christian Bajard, en présence de nombreux représentants du monde agricole, notamment la Chambre d'Agriculture et les Jeunes Agriculteurs, les organisations professionnelles, les coopératives ... L’objectif : faire le point sur la situation sanitaire liée à la DNC et sur ses conséquences organisationnelles et économiques pour le monde de l’élevage en Saône-et-Loire.
Point de situation sanitaire en S&L: vaccination et contrôle des mouvements
Julien Chardeau (président du GDS 71) a ouvert la séance en rappelant les derniers développements : un nouveau foyer a été confirmé dans le Jura, sans modification des zones réglementées en Saône-et-Loire. Ce sont donc toujours 184 communes du 71 qui sont concernées, réparties entre la zone réglementée 4 (secteur Pierre-de-Bresse) et la zone réglementée 5 (Maconnais-Clunisois).
La vaccination, amorcée dès le week-end précédent en Saône-et-Loire, s’accélère : les doses sont arrivées dans la quasi-totalité des cliniques vétérinaires et la logistique s’organise pour vacciner rapidement près de 100 000 bovins.
Luc Jeannin, président de la Chambre d’Agriculture, a précisé qu’une réunion hebdomadaire avec la préfecture est désormais programmée pour assurer un suivi étroit de la situation. Les services de l’État, la Chambre, les organisations professionnelles agricoles (OPA) et les syndicats travaillent ensemble pour maintenir la vigilance et garantir la transparence des mesures, les eurodéputés ont d'ailleurs été dernièrement ajoutés étant donné les enjeux euroépeens sur la gestion de la maladie et l'impact sur les marchés. Luc Jeannin a rappelé la nécessité de responsabilité collective, condamnant fermement les mouvements illicites d’animaux qui pourraient compromettre les efforts sanitaires : « Ni soutien, ni pardon, ni caution pour ceux qui ne respectent pas les règles ».
La solidarité s’organise sur le terrain pour la vaccination
Les Jeunes Agriculteurs (JA), représenté par Maxime Bonnot, ont initité une mobilisation collective qui porte ses fruits. Les JA ont en effet mis en place une aide à la vaccination en soutien des vétérinaires : prêt de matériel de contention, renforts humains, relais logistiques…
« L’objectif, c’est que ça aille vite et bien », a-t-il résumé, soulignant la collaboration étroite entre GDS, Chambre d’Agriculture et réseau syndical.
Des partenaires économiques à l’écoute
Les acteurs financiers et sociaux ont également pris la parole.
Danièle Beaudot et Caroline Berger (Crédit Agricole) ont présenté les dispositifs d’accompagnement mis en place : avances de trésorerie, étalement des échéances, accompagnement personnalisé pour les exploitations touchées...
Du côté de la MSA Bourgogne, Mauricette Besançon et Jean-Charles Blanchard ont assuré que les services sociaux restent mobilisés : aides au remplacement, accompagnement administratif, voire prise en charge partielle des cotisations, sous réserve des enveloppes budgétaires attendues du ministère.
Luc Chevalier (Groupama) a rappelé que la caisse régionale, également touchée dans les départements de Savoie, du Rhône et de l’Ain, a mis en place une cellule de crise pour assurer le suivi des éleveurs concernés.
Filières et marché : garder la tête froide
Les représentants des filières viande ont souligné l’impact économique de la situation, notamment sur les exportations et le marché des broutards notamment.
Didier Touillon (Sicarev) a insisté : « Il n’y a pas de raison que les prix s’effondrent. Les éleveurs doivent rester unis et ne pas brader leurs animaux. », soulignant le manque de bovins sur le marché. Même discours chez Sylvain Emorine (Élvea) : « Tant que l’on n’a pas vendu, on n’a pas perdu. Il faut garder la tête froide. »
Les structures d’abattage et les coopératives se préparent à gérer les flux d’animaux retardés par le blocage temporaire pour l’export et pour la gestion des broutards/veaux vaccinés.
Un mot d’ordre : agir collectivement
En clôture, Christian Bajard, président de la FDSEA 71, a rappelé les principes qui guident l’action agricole en cette période de crise DNC : solidarité, travail collectif et confiance accordée aux spécialistes du sanitaire aux côtés de la DDPP. Il a également souligné que « tous les autres organismes sont là pour donner un coup de main et faire avancer les choses », réaffirmant ainsi la volonté commune d’unir toutes les forces du monde agricole pour surmonter cette crise.