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Visite du ministre de l'agriculture, M. Marc Fesneau

Visite du ministre de l’Agriculture, Marc FESNEAU dans le Maconnais Marc FESNEAU, ministre de l’Agriculture, s’est rendu « à la fraiche » ce mardi matin aux Jardins du Vernay, exploitation maraichère à Saint Maurice de Satonnay pour mettre en lumière l’adaptation du monde agricole à cet épisode de canicule et plus globalement au changement climatique.
Marc FESNEAU aux Jardins du Vernay accompagné par Yves Séguy, préfet de Saône et Loire ; les représentants de la Chambre d’Agriculture, de la FDSEA et des JA ; les députés Dirx, Rebeyrotte et Margueritte et sénateurs Durain et Mercier,

Des agriculteurs qui s’adaptent

Le Ministre a constaté l’impact de la canicule sur les conditions de travail des agriculteurs et les conséquences sur les cultures (coup de soleil sur les aubergines et les poivrons, flétrissement de légumes-feuilles, mise en sommeil des tomates...). Les 2 associés développent le MSP (Maraichage sur Sol Vivant) favorisant la couverture des sols, le paillage et donc le maintien de l’humidité des sols. Pour eux, ce système est une « réponse en termes de sobriété en eau notamment tout en maintenant un niveau de production permettant la rentabilité et la pérennité de la structure ».

S’en est suivi un échange au Vinipôle de Davayé avec les représentants professionnels. L’occasion pour Bernard Lacour de rappeler au Ministre qu’« il ne souhaite pas de militantisme sournois anti-élevage dans les services de l’Etat. On attend des pouvoirs publics qu’ils remettent de la noblesse dans l’acte de production. On ne doit pas opposer les productions entre-elles ».

La reconquête de la filière avicole à opérer

Louis Accary, représentant la filière avicole, a tiré la sonnette d’alarme.  « Nous importons plus de 50% de la consommation de volailles en France !» et pourtant les éleveurs font de gros efforts. Patrice Labrosse, éleveur a Chassigny Sous Dun, a expliqué le cahier des charges développé par les éleveurs de la CPASL (Coopérative de Production Avicole de Saône et Loire) visant à améliorer le bien-être des volailles (densité diminuée, lumière naturelle, amélioration de la ventilation) et à limiter les consommations énergétiques (LED, isolation…). Malheureusement les coûts de production ne sont aujourd‘hui pas compensés par le prix de vente et les soutiens publics sont insuffisants face aux investissements consentis. Marc Fesneau acquiesce : « il faut plus de bâtiments volailles en France et plus d’éleveurs pour augmenter la production. C’est une véritable reconquête à opérer pour la filière avicole ».

La filière bovine mise à mal

Guillaume Gauthier, président de la section bovine 71, a interpellé le ministre sur la problématique de l’eau « il faut faciliter le stockage et l’utilisation de l’eau pour l’abreuvement. Soyons vigilants aux contraintes environnementales : les agriculteurs n’osent plus curer les fossés ou entretenir les zones humides par crainte des contrôles. Alors que sans un entretien, ces zones se meurent ! ». « Notre système charolais est renommé pour ses bocages mais certaines essences s’épuisent, il faut rester vigilant ». Le Ministre confirme : « les prairies et les haies s’entretiennent et pour maintenir ce paysage, il faut de l’élevage !».

Cédric Tissot, vice-président à la FDSEA, a « félicité les éleveurs » qui accompagnent au mieux leurs vaches laitières dans cette période de canicule (brumisation, ventilation d’été). Et Marc Fesneau de rebondir : « on a souvent le sentiment qu’on part de rien en agriculture dans les débats avec les citoyens alors que les agriculteurs ne cessent de faire évoluer leurs pratiques ».

L’eau : enjeu majeur pour tous

En Saône et Loire, les prospectives annoncent qu’il y aura davantage de précipitations mais mal réparties sur l’année et donc peu efficaces pour les cultures et l’abreuvement d’où la nécessité de stocker l’eau. « Ce ne sont pas les agris qui ont besoin d’eau, ce sont les produits dans l’assiette des français ! » souligné Luc Jeannin.  Marc Fesneau n’est pas opposé aux dispositifs de stockage de l’eau. Il a rappelé que l’objectif du plan eau n’était pas de restreindre la consommation de l’eau en agriculture contrairement à d’autres secteurs d’activités mais d’inciter à une meilleure sobriété à l’hectare pour une meilleure répartition entre agriculteurs.

Viticulture : lutte contre la flavescence et vendanges en perspective

« Il reste des places à pourvoir pour la campagne de vendanges qui commence cette fin de semaine » a ironisé Patrice Fortune, président de l’Union Viticole pour rappeler au ministre les difficultés de recrutement auxquelles s’ajoutent les contraintes de logement des saisonniers : « on ne peut pas loger les vendangeurs sous tente chez nous alors que ce sont eux qui le demandent ! ». Le Ministre s’est engagé a regardé ce dossier.

La profession viticole a également demandé au ministre de continuer d’accompagner les viticulteurs sur la lutte contre la flavescence dorée pour lesquelles les campagnes de prospection viennent de démarrer.

Retours sur les dossiers étudiés en juin dernier à Cluny

Dans la continuité des échanges qui ont eu lieu à Cluny, Marine Seckler, présidente des JA, a demandé un rendez-vous au ministre pour rattraper l’ICHN sur les 6 communes du clunisois qui l’ont perdu en 2019.

Thibaut Renaud, secrétaire général des JA a fait part de ses craintes sur le nouveau plan loup : « on compte sur l’Etat pour faire la part des choses entre idéologie, production et pragmatisme ! ». Marc Fesneau entend cette crainte et la relaie en haut- lieu, soutenu par les parlementaires de Saône et Loire.  « La gestion du loup, c’est un dossier emblématique pour l’agriculture : le nouveau plan loup doit être efficace pour protéger les élevages » a confirmé le ministre de l’agriculture.

 

« Encourager les gens qui agissent »

 Marc Fesneau a conclu en saluant le travail des agriculteurs : « mon souhait est d’accompagner les changements, d’encourager les gens qui agissent […]. Pour cela, il ne faut pas se lasser d’expliquer aux gens ce que l’agriculture fait pour tous ».

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